L'utilisation des sols dans le bassin versant de l'Outaouais
Skating on the Rideau CanalIndustries
Certaines terres sont utilisées pour des fins industrielles le long de la rivière des Outaouais et plusieurs industries dépendent sur l’eau de la rivière pour leur exploitation. Chalk River Laboratories, la plus importante affiliée de Atomic Energy Canada Limited (AECL) est située sur la rive ontarienne de la rivière. Une base des Forces canadiennes est située entre AECL et Petawawa. On retrouve des moulins de pâtes et papier à Bryson et à Portage-du-Fort. La ville de Braeside avec son moulin Tembec est un utilisateur important des eaux. Les industries Goldie Mohr Construction et M.G. MacDonald sont situées entre Chaudière Falls et Chats Falls. Quatre moulins de pâtes et papier incluant J.MacLaren à Thurso et à Masson, Canadian International Paper à Gatineau et E.B. Eddy Paper à Hull sont présentement en opération le long de la rive du nord entre Carillon et Chaudière Falls. D’autres industries par contre ne sont plus en opération : Canadian International Paper a fermé son entreprise à Hawkesbury en 1982, Eddy a mis fin à ses opérations de désintégration en 1972 et les activités de flottage ont cessé dans la rivière des Outaouais en 1990.
Agriculture
Les matériaux géologiques sous-jacents le long de la rivière des Outaouais déterminent l’aptitude de la terre pour l’agriculture. Les sols silteux et argileux, riches en nutriments le long des parcours inférieurs de la vallée de la rivière des Outaouais sont très productifs s’ils sont bien drainés. On peut donc voir des réseaux de longs fossés de drainage dans les régions où ces sols sont cultivés. Le till, dont la matrice est à grain fin, est également riche en nutriments et possède une bonne capacité de rétention d’eau. Les fermes situées sur du till ont souvent des clôtures faites de cailloux ou des empilements de blocs tirés des champs.
En revanche, les sols sableux peuvent être faibles en nutriments et ne retiennent pas l’humidité; ils ne constituent donc pas de bons sols agricoles. Dans les environs de Bourget et Plantagenet, des fermes abandonnées sur une plaine de sable sec, ancien lit de la rivière des Outaouais, ont été restituées à une forêt de pins, lieu récréatif accessible au public.
Foresterie
Dans la Vallée de la rivière des Outaouais, l’exploitation des forêts a joué un important rôle dans la réalisation du développement du caractère économique, social et culturel de la vallée. Les forêts de la région continuent d’appuyer les usines de pâtes et papiers et de papier journal à travers les communautés le long de la rivière des Outaouais comme à Masson, Buckingham, Thurso, Hull et Temiskaming (Rivers, Inc. : ‘Ottawa River’).
Dans les cours supérieurs de la rivière, la foresterie représente une activité économique majeure. Par exemple, les régions de l’Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec contribuent 8.9 % de la production totale de pâtes et papiers et de carton au Québec (Rivers, Inc. : ‘Ottawa River’). Les conifères couvrent environ 60% à 70% de l’étendue végétale en Abitibi-Témiscamingue. Dans la MRC de l’Abiliti, les principales espèces sont le sapin blanc (5 %), l’épinette (39 %), le pin gris (18 %), le bouleau (7 %) et le peuplier tremble (30 %). Le cèdre et la pruche sont également exploités.
La région de l’Outaouais, incluant les usines de production à Hull, à Masson et à Thurso, contribue 12.5 % des productions de pâtes, de papiers et de carton au Québec.
L’érable, le bouleau, l’hêtre et le peuplier sont les arbres les mieux connus dans l’Outaouais. Au nord, il y a une plus grande proportion de conifères. À Pontiac, par exemple, 40 % de la forêt récoltée est mixte tandis que 20 % est coniférienne. Le sapin, l’épinette, le cèdre et la pruche sont récoltés plus au nord.
Sur le côté de l’Ontario, dans le Comté de Lanark, au sud de la Ottawa Valley Forest et de la rivière des Outaouais, la forêt Mazinaw-Lanark compte quatre importantes industries du bois (MRNO Healthy Forests 7). Tandis que la région a connu une diversification considérable sur l’économie au cours des dernières années, l’industrie forestière demeure très active, plus particulièrement dans le nord du secteur. Environ 90 % de la production du bois, surtout de l’érable, se maintient dans une branche de production de grande valeur dans le Comté de Lanark.
Extraction de ressources minérales
Le Bouclier canadien offre de riches dépôts de minéraux, incluant le fer, le nickel, l’argent, l’or, le cuivre et le zinc. La découverte de la faille de Larder Lake-Cadillac au début du dernier siècle a stimulé le développement de plusieurs communautés le long de la rivière des Outaouais, incluant celle de Cadillac et également celles de Rouyn-Noranda, Evain, Arntfield et McWatters.
On retrouve au moins 276 sites d’extraction de minéraux dans l’ensemble de la région de la vallée du Haut de l’Outaouais, comprenant 65 mines (seulement quatre sont encore actives) dans la MRC de Rouyn-Noranda et 211 (principalement des carrières de sable) dans la MRC d’Abitibi. Les quatre mines actives dans la MRC de Rouyn-Noranda sont : Bouchard-Hébert, Francoeur, Gallan et Mouska. Dans la MRC de Vallée d’Or, il y en a aussi quatre : Sigma, Croinor, Beaufor et Louvicourt. Toutes, à l’exception de la dernière, sont des mines d’or.
Les principales ressources minérales de la région de Ottawa-Gatineau sont la roche concassée, le sable et le gravier. Ces granulats sont utilisés dans l’industrie de la construction pour fabriquer du béton et construire des routes. Les granulats finement concassés entrent aussi dans la fabrication du plastique, du verre, de la peinture, des panneaux de revêtement mural et des tuiles de couverture.
Extraction de la mousse de tourbe
La mousse de tourbe, une importante ressource pour l’industrie de l’horticulture, est extraite de plusieurs sites dans la région d’Ottawa-Gatineau, notamment la tourbière d’Alfred. La tourbe est constituée de matérieux organiques qui s’accumulent et se décomposent lentement dans les tourbières. Étant donné que les tourbières sont des milieux humides qui jouent un rôle majeur dans la survie des espèces sauvages et la recharge des aquifères, leur exploitation est controversée.
Source : L'Étude de base sur la rivière des Outaouais par le Comité de désignation patrimoniale de la rivière des Outaouais.