L’érosion et l’évolution du littoral
Un littoral en santé
Le littoral est l’endroit où l’eau rencontre la terre. C’est un habitat étroit et fragile qui accueille de nombreuses formes d’espèces sauvages. Un littoral en santé comprend habituellement une bande d’arbres, d’arbustes et de plantes herbacées hydrophiles, qu’on appelle la zone tampon. La zone tampon :
- accroît la beauté du littoral;
- jette de l’ombre et prévient le réchauffement de l’eau, qui peut tuer certaines créatures aquatiques;
- protège la qualité de l’eau en filtrant les polluants que contient le ruissellement, comme les engrais et les pesticides épandus sur le sol;
- contrôle l’érosion du sol, qui rend les cours d’eau troubles et ruine les frayères;
- offre des aliments, un abri et des lieux de nidification à une grande variété de formes de vie sur terre et dans l’eau.
Plus la zone tampon est large, plus sa végétation est luxuriante, diversifiée et profondément enracinée et plus elle est en mesure de servir de « tampon » et de système entretenant la vie. La santé de la zone tampon a un effet direct sur la santé des rivières, des lacs et des espèces sauvages.
érosion du littoralL’érosion du littoral
L’érosion est un processus naturel au cours duquel l’eau, la glace et le vent retirent, transportent et déposent des particules de sol et de roche. Le taux d’érosion dépend de la hauteur des berges, de la profondeur et de la densité des racines des plantes, de la superficie des berges protégées par des moyens naturels ou artificiels, de l’inclinaison de la berge et de la composition du sol.
Qu’est-ce qui cause l’érosion des berges?
Ce sont des actions tant naturelles qu’humaines qui causent l’érosion des berges. L’érosion survient sur tous les cours d’eau, en raison de la circulation naturelle de l’eau. Les berges peuvent être érodées par des vagues, des courants, de la glace et des changements du niveau des eaux.
Les êtres humains peuvent accélérer l’érosion en aménageant les berges et en éliminant la végétation stabilisatrice, en créant des vagues avec leurs bateaux et en permettant aux animaux de piétiner le rivage. Les zones boisées deviennent vulnérables à la suite d’un incendie ou lorsque l’industrie forestière détruit toute la végétation sur de grandes superficies. L’agriculture expose, sur une base saisonnière, de vastes superficies aux effets du vent et de l’eau à des fins de plantation et de récolte.
Le taux d’érosion s’accélère parfois à la suite d’inondations ou d’une hausse du niveau des lacs associée à la modification de l’utilisation des sols dans le bassin versant, du drainage des sols et des changements climatiques.
Pourquoi l’érosion du littoral est-elle un problème?
L’érosion du littoral a de nombreuses conséquences pour l’environnement aquatique, y compris la destruction des habitats, une augmentation de la sédimentation et de la turbidité de l’eau, et le rejet de substances nutritives (phosphore et azote) qui favorisent la prolifération des algues. De plus, l’érosion des berges peut engendrer la perte de sol et affecter la valeur des propriétés riveraines.
Qui est responsable de la protection du littoral et du contrôle de l’érosion?
Le littoral est protégé par la loi. En Ontario, les offices de protection de la nature, le ministère des Richesses naturelles (MRN) et Parcs Canada appliquent des lois et des règlements régissant les quais, les remises à bateau et d’autres structures riveraines. Au Québec, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs applique la Loi sur la qualité de l’environnement et ses règlements. La Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables permet l’élaboration de plans de gestion pour les rives, le littoral et les plaines inondables ainsi que l’adoption de mesures de protection particulière pour les composantes écologiques et biologiques des cours d’eau et des plans d’eau.
De nombreuses municipalités prennent des mesures pour protéger les rives par l’entremise de leurs plans officiels et de leurs règlements de zonage, qui limitent le type et l’emplacement des structures riveraines.
Le non-respect de ces lois peut coûter cher aux propriétaires et aux promoteurs, qui peuvent être tenus de payer des amendes et de restaurer les terrains à leur état naturel s’ils apportent des changements aux rives sans permis.
Aux termes de la Loi canadienne sur les pêches, il est illégal de modifier ou de détruire l’habitat du poisson. Toute violation peut engendrer des amendes d’au plus un million de dollars ou une peine d’emprisonnement de trois ans, ainsi qu’une ordonnance de la cour de remettre les zones touchées dans leur état naturel.
Que peut-on faire pour réduire l’érosion au minimum et remettre en valeur les rivages?
Heureusement, on peut réduire au minimum l’érosion et remédier à la dégradation des rivages. Les propriétaires fonciers sont de plus en plus conscients de l’importance des rivages naturels. Ils délaissent leur tondeuse à gazon pour planter des espèces indigènes et remettre en valeur les rivages. Il y a diverses façons de protéger ou de remettre en valeur un rivage, selon l’état du terrain et l’énergie et les ressources du propriétaire. Voici les quatre stratégies principales :
- PRÉSERVATION : lorsqu’une propriété en bordure de l’eau est achetée, le rivage naturel est préservé et l’accès au lac est conçu de manière à éviter d’endommager le rivage.
- RÉHABILITATION NATURELLE : les rivages dégradés sont réhabilités naturellement.
- AMÉLIORATION : des espèces indigènes sont plantées et les espèces non indigènes sont enlevées.
- REMISE EN VALEUR : on plante des espèces indigènes dans les zones déboisées.
Adapté de Restaurez un ruban de vie – Service canadien de la faune et Fédération canadienne de la faune, et du bulletin de diffusion Préservation et remise en valeur des rivages naturels du Centre de ressources pour propriétaires fonciers (anglais seulement).