Avant l’inondation

La préparation aux inondations est une responsabilité partagée. Les administrations municipales, les organismes de mesures d’urgence des provinces et les organismes provinciaux chargés des ressources en eau sont les principaux responsables des opérations de planification et de secours.  

Le rôle des administrations municipales

Les administrations municipales jouent un rôle important dans la gestion des plaines inondables. Elles sont généralement chargées de planifier l’utilisation des sols et de réglementer les nouveaux aménagements. Selon les ententes conclues en vertu du Programme de réduction des dommages causés par les inondations, les autorités locales doivent procéder au zonage en fonction des risques d’inondation dans les zones désignées. Dans certaines provinces, les autorités locales doivent incorporer l’information sur les risques d’inondation dans leurs travaux de planification par l’entremise des plans officiels, des règlements de zonage, des plans de lotissement et des règlements sur les inondations et le remblayage.

Il incombe aux offices de prévoir les débits et les niveaux d'eau dans leurs bassins hydrographiques respectifs, d'exploiter les ouvrages de protection contre les crues et de diffuser des avertissements de crue aux municipalités et organismes locaux. À l'extérieur du territoire couvert par les offices, le Centre collabore à l'établissement des prévisions de débit avec les bureaux de district, tandis que ces derniers se chargent de diffuser les avertissements de crue à l'échelle locale. Il fournit aussi des renseignements aux organismes chargés de l'exploitation des ouvrages de régularisation.

Le rôle des gouvernements fédéral et provinciaux

Le gouvernement fédéral, par l’intermédiaire de Sécurité publique Canada, encourage les administrations provinciales et locales à établir des plans d’urgence. Et, dans le contexte du Programme de réduction des dommages causés par les inondations, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux collaborent pour cartographier et désigner les zones inondables partout au pays.

Approche structurale : les gouvernements ont tenté d'atténuer les problèmes liés aux inondations au Canada en construisant des digues, en créant des réservoirs en amont et en offrant des programmes d'aide en cas d'urgence et de catastrophe. Bon nombre de ces mesures sont bénéfiques. Néanmoins, elles ouvrent la voie à un empiètement accru des plaines inondables, ce qui augmente les dommages potentiels lors des inondations ainsi que les demandes pour une protection plus grande encore. Qui plus est, lorsque s'estompe la mémoire des événements passés, on est porté à moins entretenir les ouvrages de régularisation existants et à permettre l'aménagement de nouvelles zones en amont, ce qui augmente la possibilité qu'il y ait des dommages causés par les inondations.

Mesures non structurales: la seule solution valable à long terme consiste à soustraire les zones inondables à l'aménagement et aux utilisations vulnérables aux inondations. Cette avenue réduit d'une part la construction des coûteux ouvrages de régularisation, et d'autre part les dédommagements réclamés pour les dégâts causés par les inondations. Cette avenue comporte plusieurs volets :

  • réglementation de l'occupation des sols dans les plaines inondables;
  • mesures de protection contre les crues;
  • acquisition de terrains dans les plaines inondables ou relocalisation des bâtiments et structures;
  • modification de l'occupation des sols en amont.

Mise en place et maintien de mécanismes de prévision des crues et de réseaux d’alerte : la prévision des crues vise à déceler le plus tôt possible l'imminence d'une crue. Au fil des ans, la nature des prévisions a évolué : si au début, on cherchait à avoir une simple indication de la probabilité ou de l'ampleur d'une crue, on veut maintenant savoir avec exactitude l'importance et le moment de la crue.

Le Programme de réduction des dommages causés par les inondations

Le Programme de réduction des dommages causés par les inondations (PRDI) vise à décourager tout aménagement futur sur des terrains sensibles aux inondations. Le gouvernement fédéral l'a entrepris en 1975 pour freiner l'escalade des paiements d'aide versés aux sinistrés, dans les zones inondables connues, comme pour réduire la dépendance envers des mesures structurales coûteuses. Le Programme est réalisé conjointement avec les provinces en vertu d'ententes de partage des coûts.

Lorsque des mesures de réduction des dommages causés par les inondations sont proposées, l'approche fondamentale consiste à : envisager toutes les solutions (méthodes structurales et non structurales), y compris la possibilité de laisser certains dommages se produire. L'efficacité, les coûts, les avantages connexes et les répercussions environnementales doivent entrer en ligne de compte dans le choix des mesures, et il faut accorder la préférence à celles qui empêchent les aménagements dans les zones inondables.

Les deux gouvernements conviennent également de cartographier et de désigner les zones inondables, pour les agglomérations mentionnées dans l'entente de cartographie, et d'y appliquer les politiques suivantes :

  • Ne pas approuver, financer ni réaliser des aménagements dans les zones inondables désignées;
  • Ne pas fournir d'aide aux sinistrés pour tout aménagement construit après la désignation (sauf ceux qui font l'objet de mesures de protection contre les inondations et qui sont situés en périphérie du canal de crue, soit dans la zone périphérique);
  • Inciter les responsables du zonage qui relèvent d'eux à procéder au zonage en fonction des risques d'inondation.

Pour de plus amples renseignements, voir Le Programme de réduction des dommages causés par les inondations d’Environnement Canada.