La gestion de l’utilisation des sols
Les pratiques malavisées d’utilisation des sols ont des répercussions sur l’eau, mais aussi sur l’ensemble du bassin versant, quelle que soit sa taille. Une décision relative à la planification de l’utilisation des sols pour l’aménagement d’un site particulier peut influer sur de nombreuses questions relatives à la gestion des bassins versants et à l’aménagement du territoire. L’intégration d’objectifs environnementaux et de recommandations en matière de gestion dans le processus d’aménagement du territoire, aux étapes appropriées, devrait favoriser la prise de décisions éclairées, ce qui devrait engendrer une plus grande efficience et efficacité des deux processus.
Les plans des bassins versants et des sous-bassins versants ainsi que les plans d’aménagement du territoire doivent tenir compte des recommandations, des politiques et des orientations les uns des autres. Tout conflit ou incohérence entre les deux devrait être réglé le plus tôt possible. Enfin, toute intégration des plans pour les bassins versants et les sous-bassins versants et des plans d’aménagement du territoire doit faire preuve de souplesse afin de tenir compte des situations locales dans l’ensemble de la province.
L’aménagement du territoire
On entend par aménagement du territoire la gestion de nos terres et de nos ressources. Cette démarche aide chaque collectivité à fixer des buts en matière de croissance et de développement et à trouver des moyens d’atteindre ces buts tout en tenant compte des questions sociales, économiques et environnementales d’importance. On met en équilibre les intérêts des propriétaires fonciers et les intérêts et objectifs plus généraux de l’ensemble de la collectivité. Une bonne planification permet une croissance ordonnée et une prestation efficace des services.
Pour de plus amples renseignements sur l’aménagement du territoire en Ontario, voir le Guide du citoyen en matière d’aménagement du territoire en Ontario
Pour de plus amples renseignements sur l’aménagement du territoire au Québec, voir la page Web sur la planification du territoire public du ministère des Ressources naturelles et de la Faune
Les plans de transport
Pour conférer un poids juridique aux plans de transport, il faut les intégrer aux plans officiels des collectivités. Les municipalités peuvent mettre en œuvre un certain nombre de politiques de transport durable :
- Apaisement de la circulation : L’apaisement de la circulation peut se faire grâce à une diminution des limites de vitesse, à des surfaces texturées, à des carrefours giratoires et à des déviations. L’apaisement de la circulation connaît ses plus grands succès lorsqu’on l’applique de manière généralisée à l’ensemble du secteur afin que la circulation ne soit pas simplement détournée d’un quartier à l’autre.
- Priorité au transport en commun : Des mesures de priorité au transport en commun comprennent des voies réservées, des voies prioritaires, des feux de circulation actionnés par les autobus, des voies élargies (une extension de la bordure du trottoir qui permet aux autobus de prendre des passagers sans entrer et sortir de la circulation). Ces mesures améliorent l’avantage concurrentiel des autobus comparativement aux automobiles. Les infrastructures de transport telles que des arrêts d’autobus bien indiqués, des abribus et des cartes aident à rendre le transport en commun plus pratique et confortable.
- Infrastructures pour les cyclistes et les piétons : Les infrastructures pour les cyclistes et les piétons comprennent des voies et des pistes cyclables, des feux de circulation actionnés par les cyclistes et les piétons, des trottoirs continus bien éclairés la nuit, et des passages pour piétons bien indiqués à chaque intersection. Le design urbain peut encourager la marche grâce à des trottoirs larges, des magasins qui donnent sur la rue avec des auvents qui surplombent le trottoir, le mobilier urbain et de l’art dans les lieux publics.
- Gestion du stationnement : La plupart des règlements de zonage prévoient des exigences minimums en matière de stationnement pour les nouvelles résidences et les nouveaux commerces. Le stationnement gratuit offert dans les centres commerciaux, par les entreprises et sur la rue encourage le recours à l’automobile. Le coût réel du stationnement « gratuit » est caché dans les frais d’aménagement, qui à leur tour se répercutent sur les coûts unitaires ainsi que sur les prix des biens et services. Les municipalités peuvent modifier les règlements de stationnement pour réduire et même éliminer les exigences en matière de stationnement, et offrir des supports à bicyclettes, des services de transport en commun, des occasions de covoiturage ou même des espaces verts.
La croissance intelligente
La « croissance intelligente » est un ensemble de principes d’utilisation des sols et d’aménagement du territoire qui vise à améliorer la qualité de vie, à préserver l’environnement naturel et à économiser de l’argent à long terme. Les principes de la croissance intelligente garantissent une croissance responsable sur les plans financier, environnemental et social, et reconnaissent les rapports entre le développement et la qualité de vie. La croissance intelligente améliore et complète les collectivités en accordant la priorité aux stratégies de construction sur les terrains intercalaires, de réaménagement et de densification.
Les principes de la croissance intelligente sont les suivants :
- Privilégier des utilisations mixtes des sols. Chaque quartier possède un mélange de résidences, de magasins, d’entreprises et de possibilités de loisirs.
- Construire des quartiers bien conçus et denses. Les résidents peuvent choisir de vivre, de travailler, de magasiner et de se divertir sans avoir à franchir de grandes distances. Les gens peuvent avoir facilement accès aux activités quotidiennes, le transport en commun est viable et on appuie les entreprises locales.
- Offrir une diversité de choix en matière de transport. Les quartiers sont attrayants et possèdent une infrastructure sécuritaire pour la marche, le cyclisme et le transport en commun ainsi que la circulation automobile.
- Créer diverses possibilités de logement. Les personnes qui ont divers types de familles, qui en sont à différentes étapes de leur vie et qui ont des niveaux de revenus différents peuvent se payer une maison dans le quartier de leur choix.
- Encourager la croissance des collectivités existantes. Les investissements dans l’infrastructure (tels que les routes et les écoles) sont utilisés de manière efficace, et les lotissements n’occupent pas de nouveaux terrains.
- Préserver les espaces verts, la beauté naturelle et les zones plus vulnérables sur le plan de l’environnement. Le développement respecte les caractéristiques naturelles du paysage, et a une plus grande valeur esthétique, environnementale et financière.
- Protéger et améliorer les terres agricoles. Un territoire sûr et productif garantit la sécurité alimentaire, de l’emploi et un habitat; il est préservé à titre de zone de confinement urbaine.
- Utiliser une infrastructure plus intelligente et moins coûteuse, et des immeubles verts. Les immeubles verts et d’autres systèmes peuvent permettre d’économiser de l’argent et de préserver l’environnement à long terme.
- Favoriser une identité unique pour chaque quartier. Chaque collectivité est unique, dynamique, diversifiée et inclusive.
- Encourager l’engagement des citoyens. Les lieux appartiennent à ceux qui y vivent, y travaillent et s’y divertissent. Les citoyens engagés participent à la vie communautaire et à la prise de décisions.
Tiré de Smart Growth BC
Pour de plus amples renseignements sur la planification de villes durables, voir le Centre international pour le développement durable des villes
Adapté de Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Gestion de l’eau par bassin versant et de Conservation Ontario, Proposal for a Federally Supported Healthy Great Lakes Program.